dimanche 2 août 2009

Conclusion provisoire

El Greco - Vue de Tolède - 1597


Sur la mer maritime se perdent les perdus
Les morts meurent en chassant
des chasseurs dansent en rond une ronde
Dieux divins! Hommes humains!
De mes doigts digitaux je déchire une cervelle
cérébrale.
Quelle angoissante angoisse!
Mais les maîtresses maîtrisées ont des cheveux chevelus
Cieux célestes
terre terrestre
Mais où est la terre céleste?



Robert Desnos





Fin de la première saison de ce blog.

samedi 1 août 2009

Assurance vieillesse ou stock-options? Cours de mathématiques à l'usage de Xavier Darcos



Le gouvernement a commencé à préparer les esprits pour la retraite à 67 ans. Hortefeux, alors ministre du Travail et des Affaires sociales, avait bien exprimé la façon dont les médias devraient poser le problème:

"Comme on sait que si on ne fait rien, on va dans le mur, il n'y pas aujourd'hui, à ma connaissance, 36 solutions. Il y en a trois :
- diminuer les pensions - est-ce que vous sentez aujourd'hui dans le pays les gens prêts à cela ? - augmenter la durée de cotisation,
- reporter l'âge de départ à la retraite, comme l'ont fait les Allemands sur une trentaine d'années jusqu'à 67 ans"

Or, le numéro de Marianne de ce jour nous rappelle l'existence d'un document des plus intéressants : le rapport sur la sécurité sociale, présenté en 2007 par la Cour des comptes. A faire lire d'urgence à Xavier Darcos, nouveau titulaire du maroquin.

Or que nous dit ce rapport, dans son chapitre dans son chapitre 6, consacré à l'assiette des prélèvements sociaux finançant le régime général?

1) Les exonérations de cotisations sociales sur la participation, l'intéressement et l'abondement des plans épargne entreprise ont coûté 5,2 milliards d'euros à la Sécurité sociale en 2005 (p. 144).
Et que pense l'institution de la rue Cambon de ces dispositifs visant à éduquer les salariés aux réalités (rudes mais justes) de l'actionnariat? Pas que du bien apparemment:

La Cour avait déjà relevé en 2002 l’importance des concours publics dont ces dispositifs bénéficient du fait de leur régime fiscal très favorable. Elle avait également souligné leur caractère peu redistributif puisque la majeure partie des sommes allouées l’est proportionnellement aux salaires.) (p. 143)

Bon, continuons un peu.

2) Intéressons-nous aux actions gratuites et aux stock-options, qui visent, comme chacun le sait, à gaver des PDG et des cadres supérieurs dont la plus grande prise de risque dans la vie a été l'examen d'entrée à HEC ou à l'ENA "à rapprocher les intérêts patrimoniaux des actionnaires, propriétaires des entreprises, de ceux de leurs mandataires sociaux et dirigeants salariés".(p. 145). Combien les exonérations de cotisations sociales sur ces revenus très "moralisation-du-capitalisme"? Juste 3,25 milliards d'euros en 2005 (p. 148). Quand on voit le surplus de créativité et de dynamisme que ce dispositif donne au entreprises françaises, c'est presque donné.

Sortons nos calculatrices:

5,2 milliards sur les dispositifs d'intéressements & autres
+3,25 milliards sur les stocks-options & assimilés
__________________________________________

= 8, 45 milliards

tout trouvés pour renflouer l'assurance vieillesse, dont le déficit est évalué à 7,7 Md € par Fillon sans augmenter le montant ou la durée des cotisations, ni baisser le montant des pensions.

C'est pas merveilleux? Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, les chiffres portent sur une période antérieure à la mise en place du bouclier fiscal, qui s'applique également la CSG et la CRDS, qui visent elles aussi à financer la sécurité sociale. Autrement dit, en supprimant ces exonérations plus idéologiques qu'autre chose, on peut même avoir une assurance vieillesse en net excédent...

Comme quoi, les choses ne sont jamais aussi simples (ou aussi compliquées) que ce que l'on croit.
Ou que ce que l'on veut faire croire.

Image: martingautron.com - Flickr - CC

vendredi 31 juillet 2009

Non, les valeurs (de droite) ne sont pas en crise (devoir de vacances n°2)

1. En ces temps de crise généralisée des valeurs et du “système“, quels seraient vos points d’ancrage idéologiques à droite ?

La personne qui pose cette question trahit une mentalité gauchiste ou réactionnaire, voire les deux comme cela se voit bien souvent. Il ne me semble pas que le système soit en crise, pas plus que les valeurs. En tout cas les valeurs de droite, du moins la droite telle que je l'entends: libérale d'un point de vue économique, ferme dans le maintien de l'ordre sans lequel toute démocratie n'est qu'un vain mot.


Or, d'un point de vue économique, les valeurs libérales progressent partout dans le monde, y compris en France où pourtant les archaïsmes entretenus par des syndicats subventionnés par l'Etat sont tenaces. Certes, la France n'est toujours pas le paradis des entrepreneurs. Il n'en reste pas moins que le pouvoir politique accepte peu à peu la pertinence de nos analyses. Ainsi, depuis dix ans, l'Etat a compris que la seule politique raisonnable est la stimulation de l'offre et donc la réduction de la fiscalité qui pèse lourdement sur la société française, et notamment sur les hauts revenus. Ainsi, les sommes sauvées de la gabegie étatique par rapport à l'an 2000 ont été de l'ordre de 10 milliards d'euros entre 2002 et 2005 et se sont montées à 22,5 milliards d'an dernier. Par ailleurs, la privatisation des monopoles de l'Etat a permis de faire pénétrer la culture de la performance et de l'entrepreunariat dans de vastes secteurs de l'économie française. En témoignent les profits de GDF Suez (6,5 milliards d'euros en 2008) ou de France Telecom (4 milliards). Et, point rassurant, même le PS, qui n'a jamais brisé avec son surmoi marxiste, a compris la nécessité de ces réformes. Rappelons-nous que le gouvernement Jospin, après les errements de ses premières années, est celui qui a enclenché la plus grande vague de privatisation sous la Vème République et que c'est lui qui a commencé à corriger les excès du très injuste impôt sur le revenu à partir des années 2000.


Malheureusement pour elle, la gauche (à de rares exceptions), prisonnière de ses nostalgies soixante-huitardes, n'a pas saisi que la protection des personnes et des biens était le corollaire de la libéralisation de l'économie. A quoi bon prendre des risques, innover, si le fruit de ces efforts n'est pas protégé de l'appétit des envieux? Et d'une façon générale, pourquoi les jeunes des cités iraient-ils travailler s'ils pensent que le trafic de drogue leur rapporte plus que le labeur honnête? Là encore, je dois dire que la décennie qui s'achève m'a redonné confiance. Je ne détaillerai pas les près de 120 modifications que le code pénal a connues depuis 2002. Je me contenterai de souligner les bienfaits des peines planchers, qui envoient enfin un message clair aux auteurs de larcins répétés qui pourrissent la vie de leurs concitoyens, et d'abord des plus modestes. Et de saluer l'initiative visionnaire de Nicolas Sarkozy qui a compris qu'il fallait doter les forces de l'ordre de moyens modernes pour être vraiment efficace dans la lutte contre la délinquance. Le flashball a été une grande avancée, mais j'espère que très bientôt, le taser sera généralisé, car il permet d'assurer la protection des forces de l'ordre dans le respect de la personne des délinquants et de leur intégrité physique. Ferme, mais non brutale.Telle est ma conception de l'ordre.



2. Etant à droite, que soutiendriez vous plus que tout dans l’action du président Sarkozy ?


D'aucuns trouvent que Nicolas Sarkozy ne va pas assez vite, ni assez loin et qu'il se contente de discours jamais concrétisés. Je pense que c'est faux. Simplement, Nicolas Sarkozy connaît la société française et sait que l'hydre marxiste ne dort que d'un oeil. Il avance donc avec précaution, à pas de loups, et il le fait plutôt bien. De ce fait, je pense que l'ensemble de son action mérite d'être soutenue.

mardi 28 juillet 2009

Raffinement sarkozyen: bientôt, un space mountain dans le jardin des Tuileries

Eté, météo, vacances, chassés croisés. A lire la presse ou à regarder les informations télévisées, on pourrait croire que la France s'est figée dans une immobilité visqueuse de crème solaire pour n'en sortir qu'à l'occasion des bouffées de chaleur de son toujours gesticulant histrion en chef. Dans la vraie vie, ce n'est évidemment pas comme ça que ça se passe.


Cette engourdissement estival est l'occasion des petites saloperies traditionnelles qu'on fait voter par le Parlement avant que l'auguste assemblée ne lève le camp elle aussi. Il faut dire que cette année, on a été servi: en une semaine, on a eu la fin du repos dominical, la loi sur la mobilité des fonctionnaires (vers la porte), une partie de l'inapplicable loi HADOPI.

Vous trouvez que c'était suffisant comme ça? Et bien non. L'adoption de la loi Grenelle 1 (vous savez cette loi sur l'environnement qui est tellement prioritaire qu'elle traîne depuis 2007...) a été assortie d'une petite friandise. Comme le révèle lemonde.fr, une disposition prévoit que:

L'avis des architectes des Bâtiments de France sur les permis de construire à l'intérieur des zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysagé (Zppaup) ne sera plus que consultatif (...) Les quelque 500 Zppaup, créées en 1983, visent à protéger les villes et villages particulièrement riches sur le plan patrimonial contre les dérives en matière de construction.

Inutile de dire que cette mesure met le monde du patrimoine en émoi. En effet, jusqu'ici les architectes des bâtiments de France pouvaient bloquer tout projet ne respectant pas l'harmonie du secteur protégé. Par exemple, pour empêcher qu'un hôtel particulier du XVIIème siècle bâtis par l'architecte Le Vau soit défiguré par la construction en son sein d'un parking souterrain, de quatre ascenseurs, vingt salles de bain. Ou pour empêcher qu'on bâtisse une villa de 300 m² avec piscine devant une chapelle du XIIème siècle.

Mais quoi qu'il en dise, notre président à toujours la même conception de la culture.
Reflet de son bon goût raffiné légendaire...


Photo: Eric Borda - FlickR- CC

jeudi 23 juillet 2009

"Est-ce qu'il est normal ?" Devoir de vacances appliqué au Pôle emploi

Devoir de vacances reçu il y a quelques jours : écrire quelques phrases en s'inspirant du modèle présidentiel:
Est-ce qu’il est normal que le dimanche quand Madame Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois (sic) passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir ?

Est-ce qu'il est normal qu'on privatise le Pôle emploi alors qu'il est plus efficace que le privé et coûte moins cher?

Est-ce qu'il est normal que, pour ce faire, on ait recours à des cabinets qui, lors de la première tentative de privatisation sous Raffarin, n'ont placé que 5,7% des dossiers qui leur étaient confiés (soit 3 fois moins que l'ANPE)?

Est-ce qu'il est normal que ces cabinets privés soient arrivés à des résultats aussi minables alors qu'on les avait laissé choisir les dossiers les plus faciles à placer?

Est-ce qu'il est normal enfin que, parmi ces cabinets figure Altedia, fondé par Raymond Soubie, conseiller social de Nicolas Sarkozy?


Ceux qui le souhaitent peuvent s'y essayer
, s'ils n'ont rien de mieux à faire, évidemment.

Source: Le Canard enchaîné du 22 juillet 2009, p. 8
 
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